Le deuxième jour de manifestation qui devrait se poursuivre
aujourd’hui a été d’une autre couleur. Très tôt le matin, policiers et gendarmes ont investi le quartier Bè d’où devrait démarrer la marche de protestation qui devrait aboutir sur un sit-in à Déckon. Les manifestants ont eu pour abri la forêt sacrée de Bè.
Hier, c’était le cimetière de Bè qui a servi d’abri aux jeunes manifestants.
Aujourd’hui, c’est la forêt sacrée juste derrière le cimetière. De là, les jeunes qui recevaient des éclats de projectiles n’ont cessé de répondre par des projectiles et des grenades lacrymogènes. Parlera-t-on de profanation de la forêt ? les Chefs traditionnels qui ont d’ailleurs perdu toute notoriété auprès des populations locales, ne se sont pas encore prononcé.
Un peu plus tôt dans la matinée, quelques femmes qui se disaient consternées par la situation qu’elles vivent dans leurs maisons envahies par es fumées de grenades lacrymogènes, étaient sorties manifester leur désarroi. Certaines d’entre elles se sont déshabillées devant des gendarmes et leur ont montré leur nudité. En Afrique, ce geste est compris comme un signe de malédiction. Cela a suscité le mécontentement des gendarmes qui ont répondu par des grenades lacrymogènes. Les badauds qui étaient aussi rassemblés aux abords des routes en ont également eu pour leur compte.
Les dégâts de ce jour sont très limités mais on note une jeune homme qui s’en est sorti avec son œil droit atteint par des éclats de grenades lacrymogènes.
Le Collectif Sauvons le Togo avait appelé à trois jours de manifestations dénommés « les derniers tours de Jericho » pour disent-ils réclamer l’arrêt du processus électoral.
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