Enquête : La prostitution, un refuge des jeunes filles à Lomé


Elles deviennent de plus en plus nombreuses, ces filles de joie qui s’adonnent au plus vieux métier du monde à Lomé, au Togo. Déjà vers 20 heures, et surtout les week-ends, elles commencent par

Des jeunes filles qui s'exposent devant la boîte de nuit Byblos à Lomé

remplir les trottoirs de certaines rues de la capitale. La plupart d’entre elles estiment ne plus avoir les moyens de subvenir à leurs besoins, et au finish, ce métier leur devient un refuge.

A l’instant où elles ne ne chôment pas en clients, les prostituées font la fête en ville, tous les week-ends. En effet, elles étalent leur physique à qui veulent, sous des vêtements hautement séduisants, certaines laissant entrevoir leur partie intime. L’objectif étant  d’arriver à séduire au maximum, les hommes. D’autres encore préfèrent nouer seulement nouer des pagnes autour de leur rein afin de laisser les clients apprécier le mouvement des fesses. Des stratégies osées les unes que les autres, certaines faisant grave entorse à la pudeur. Mais l’essentiel pour ces filles de joie, est de pouvoir en tirer le maximum de profit.

Des maisons transformées en chambres de passage

Construire des cabines ou encore transformer des chambres à coucher en

Intérieur d'une chmabre de passage avec des préservatifs usités amassés dans un coin

 chambres de passage, voilà l’une des précieuses trouvailles de certains propriétaires de Lomé. Et ces constructions ne font que pousse comme de champignons dans des quartiers où la promiscuité dicte sa loi. La police municipale, visiblement, s’engage à leur mener une guerre sans merci.

Boutiques le matin, chambres de passage le soir. Et pourtant le matin, aucun signe ne laisse présager un tel changement. C’est en effet, l’une des réalités à vivre dans certains quartiers populaires de la ville de Lomé. L’exemple le plus palpable est celui de Bè où, des propriétaires de maison, sans vergogne, se sont investis à construire des cabines à la devanture de leur maison pour y accueillir les prostituées à la nuit tombante. D’autres encore, font ces constructions à l’intérieur de la maison, ou par faute de moyens, mettent certaines des chambres à contribution. Et de la sorte, ils veillent toute la nuit, priant que des prostituées y viennent avec des clients afin qu’eux, puissent y tirer leur profit. Outre les 500 francs qu’ils collectent à l’entrée certains de ces tenanciers, peut-être en guise de politique commerciale, donnent gratuitement des préservatifs.

Les trois nécessaires

L’essentiel pour ces propriétaires est d’avoir les trois nécessaires. Primo, disposer d’un logis, secundo, d’un matelas (peut importe son état), et tertio, des parpaings de pierre pour servir de support (à défaut de trouver un lit) et,

Des filles qui se portent à poser devant la camera au quartier Bè

le tour est joué. Tellement ces chambres de passage ont commencé par pousser comme des champignons qu’elles rendent la situation embêtante pour les filles du quartier qui ne se livrent pas à de telles activités. C’est l’une des raisons qui ont emmené un détachement de la police mandatée par la municipalité à faire une descente inopinée au quartier Bè Kpéhénou. Le 07 juin dernier, la police a fait démolir quelques unes de ces chambres de passage, sauvagement érigées aux abords des routes.

Dans ce quartier, par exemple ces chambres sont une dizaine dans un rayon de 1 kilomètre seulement. Du collège Ora et Labora au Commissariat du 1er district, les prostituées les maîtrisent toutes. Elles sont aptes à vanter les mérites de chacune, avec toutes les facilités que cela comporte. Outre le quartier Bè, les sites des prostituées sont légions dans la capitale togolaise.

Elles y sont, même si on les appelle ‘petite classe’, pour le service qu’elles offrent. Elles ne réclament en effet, que 2000 francs CFA pour satisfaire leurs clients. Certaines d’entre elles, peut-être des novices, sont prêtes à casser le prix jusqu’à 1000 frcs CFA. Aussi la majorité d’entre elles, ne sont âgées que de 12 à 28 ans.  Peut-être bizarre mais, alors que nous essayons de voler quelques images certaines jeunes filles qui m’ont surpris, ont accepté poser à cœur joie devant ma caméra.

Aussi choquant que cela puisse paraître, même des locaux de certaines administrations sont mis à contribution. Pour ce cas précis, il s’agit de quelques pièces que le vigile de la Voirie de Lomé se permet de mettre au profit de ces travailleuses de sexe afin d’en tirer lui aussi, profit. Comme une règle régissant le secteur, ils ne réclament tous qu’une pièce de 500 francs Cfa. Ici, en absence des trois nécessaires précités, c’est seulement une natte qui est déroulée à terre pour l’acte sexuel. Et après, la natte est tirée pour n’y laisser aucun signe. La complicité est aussi bien scellée entre les professionnelles du sexe et le vigile qu’elles ne te diront au prime abord, que d’aller «derrière la chambre du commerce». Quelques unes, malgré leur réticence, ont fini par confirmer les faits insinuant qu’aucun de leurs clients, depuis lors, n’a rejeté l’offre. Certains de ces promoteurs de chambres de passage se plaisent à dire que c’est pour répondre à la demande croissante et se font les constructions. Cette situation montre au grand jour, une face cachée de l’iceberg, celle de la paupérisation de la population, condamnée à toutes sortes d’activités juste pour pouvoir se nourrir et nourrir sa famille. Et pourtant, sous d’autres cieux, des maisons sont transformées en entrepôt.

Des femmes mariées dans la cadence

Ce serait du leurre de croire que c’est seulement les adolescentes qui s’adonnent à ce métier. Les femmes mariées, peut-être divorcées sont également rentrées dans la cadence. Elles ont-elles, leurs sites d’exposition, propres à eux où elles se retrouvent. Les clients eux-aussi le savent. Certaines d’entre elles, par leur âge avancé et éprouvant régulièrement des envies sexuelles, n’hésitent pas à embrasser ce métier. Selon les investigations, d’autres encore sont des femmes de ménage et, quelques sont ‘rouer de coupe de hanche’. Pour d’autres encore, l’argument est toujours le même, manque de moyens pécuniaires pour subvenir aux besoins vitaux et font de la prostitution, leur rescousse. En effet, contrairement aux 2000 que réclament leurs enfants et petites sœurs, elles sont plutôt ‘chères’, surtout que leurs clients n’ont pas de la basse classe. Les propositions grimpent à partir de la bagatelle de 30 000 francs Cfa. « Prend qui veut ! » se plaisent-elles à dire.

Des bars mis à contribution

S’il y a un des phénomènes qui encourage depuis un laps de temps la prostitution à Lomé, c’est la prolifération des bars. La situation, malgré qu’elle dérange les riverains, semble plus profiter aux tenanciers de  ces bars.

Un tour à Bè, un quartier populaire de la ville de Lomé, fait révéler la réalité. Des bars se créent comme des champignons et là où le bât blesse, c’est que c’est devenu un coin de retrouvailles des prostituées. Et cela fait la part belle aux tenanciers de ces bars surtout que des jeunes hommes, pour se satisfaire, y vont pour savourer de la bière et en profitent.

Les prostituées, elles aussi, ne tardent pas à répondre. Mieux, ce sont elles – mêmes qui tendent la perche pour circuler à travers les allées entre les tables afin de se faire appeler pour leur offrir des pots et discuter des contours de leurs ébats sexuels. On les décèle très vite par leur habillement qui frise la dépravation laissant entrevoir presque leur entre-jambe. D’autres encore, sciemment, tirent bien vers le bas, le derrière de leur jean. Elles les appellent des «taille basse» qu’elles mettent à contribution.

La situation devient criarde en fin de semaine. Au niveau de certains bars, des chaises sont dressées jusqu’au trottoir.

Les riverains assistent aussi, impuissants à cette situation. Les tenanciers de bar recrutent des Disc Jokers (DJ) réputés de la capitale pour faire assez de bruits. Les bars ne sont plus des lieux où peuvent se mener des discussions, des rendez-vous d’affaires mais sont transformés en boîte de nuit à ciel ouvert avec des musiques assourdissantes jusqu’au petit matin.

On comprend assez aisément que les bars aussi, encouragent à leur manière le plus vieux métier du monde.

 Les prostituées sont-elles vraiment à blâmer ? Tout compte fait, cette pratique n’est pas intégrée dans les mœurs togolaises et pourtant le nombre d’hommes qui prennent d’assaut ces péripatéticiennes ne s’amenuise pas. On aura comme impression que se sont les hommes aussi qui encouragent la situation. Somme toute, il est indéniable que ce vieux métier du monde prend des proportions et donc, des actions urgentes doivent être menées pour endiguer ce métier toujours conçu comme un fléau. Surtout contrôler les mineures qui très vite, s’adonnent à cette pratique.

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9 Réponses

  1. Félicitations pour le travail abattu.

  2. ces vraiment d’eshonorant. Pour 1e modite somme de 5000 fr doit-je vendr mon corps? Ou st dc partis nos valeurs? Je sais ce gui se passe ds la tete de nos jeune fille. Est-ce seleument par la prostitution ke je peut eat? Avoir 1 pain honnorable? On le saient tres bien que la situation financiere du monde n’est pas vivable mais il y a bocou gens qui font avec. Svp arreter et voyer la vie otrement. L’honneur du monde en depand. Svp…

  3. jeleurs sais vue luis avec un garçon

  4. Je vous encourage à continuer cette sensibilisation. toutefois n’oubliez pas aussi les pays frontaliers au Togo comme par exemple le Bénin d’où je suis, car déjà la prolifération des auberges, cyber et buvettes font deviner déjà que nous ne sommes plus loin du phénomène.
    Affichage de ces commentaire dans toutes les rues de l’Afrique de l’ouest reste un souhait.
    Merci

  5. [...] s’attendre à vivre pareil à Lomé où des quartiers sont réputés être les fiefs des prostituées ? En Août 2011, le gouvernement avait déjà pris en conseil des ministres, une décision pour [...]

  6. félicitation pour l’article, qd je l’ai lu c’est comme s’il était écrit pour donner de l’envie à faire un tour à lomé. En tous cas moi cela m’en donne l’envie. je m’en voudrais de vous dire cette vérité.

    toute fois je t’encourage dans ce travail de sensibilisation

  7. tres cool ton comment. mais il faut aussi voir le coté positif de la chose lol.
    grace a ce sfilles certainnes personnes arrive a maintenire l’equilibre dans leur foyer.
    ce n’est pour rien ca demeure le plus vieu metier du monde.
    il faut rien avoir contre les puites elles n’ont pas le choix. lol.

  8. felicitation pour larticle

  9. Je vous envoie toutes mes félicitations pour le travail que vous abattez mais laissez-moi vous dire que seuls nous qui encourageons le phénomène de la prostitution arrivions à vous lire compte tenu de notre niveau d’études élevé au détriment de nos soeurs victimes. Alors je propose que votre analyse soit imprimée et affichée dans les coins et recoins des villes du Togo pour un changement de mentalité.
    Mreci et à bientôt

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